EDITO
2012
Année électorale dans plusieurs pays, olympique à Londres, 2012 s’annonce rebondissante. Pour la Roumanie, voici quelques souhaits, pêle-mêle… D’abord, j’espère que les Roumains qui ont du mal à joindre les deux bouts, et ceux qui n’y arrivent pas du tout, trouveront davantage de réconfort, d’aide, de solutions pour surmonter un quotidien difficile. Que les jeunes auront envie de créer, de s’impliquer, et que les plus âgés pourront vivre dignement. J’espère aussi que le budget de la santé augmentera – il est de moins de 4% du PIB, alors que la moyenne européenne est à environ 10%. Que la Roumanie absorbera mieux les fonds européens et que les entrepreneurs seront moins freinés par la bureaucratie. Il serait bien par ailleurs que ceux qui montrent du doigt et jugent sans savoir, s’apaisent, s’adoucissent. Je n’ai pas beaucoup d’espace, passons aux choses moins sérieuses. J’espère que Mircea Geoanǎ ne formera pas un nouveau parti avec Elena Udrea, Vadim Tudor et Dan Diaconescu. C’est peu probable, mais on ne sait jamais. J’espère aussi que Gigi Becali et Radu Mazǎre, le maire de Constanţa, auront une révélation et partiront vivre ensemble dans un monastère de Bucovine. Et que Dinu Patriciu donnera la moitié de sa fortune à des œuvres caritatives, façon Bill Gates. J’espère que les vieilles demeures de Bucarest (et d’autres villes) ne seront pas toutes rasées pour laisser place à des immeubles neufs mais sans âme. Ceux qui préfèrent Las Vegas à Bucarest n’ont qu’à aller vivre à Las Vegas. Et j’espère aussi que les hommes bien portants qui traversent la Roumanie en Bentley blanche liront George Orwell. Peut-être intègreront-ils le concept de « common decency ». Peut-être. Autre chose, bien que je comprenne le problème des chiens errants – la loi sur l’euthanasie vient d’être approuvée – j’espère que les deux chiens qui vivent dans mon bloc ne seront pas tués. Ils sont gentils. Dans le registre « hygiène », qu’on laisse un peu vivre ceux qui font leur propre ţuica dans les campagnes. Bruxelles normalise, mais on n’est pas tous végétariens et buveurs d’eau plate. Je souhaite aussi que certains Roumains respectent davantage leur environnement, il y a des poubelles qui doivent bien servir à quelque chose. Et dans la rue, si les policiers pouvaient davantage verbaliser ceux qui roulent à 100 km/h en plein centre ville, ce serait bien. Le grand prix de Monaco est à Monaco. Je m’arrête là, c’est un peu trop facile. D’autant que j’ai surtout beaucoup d’espoir tout court pour la Roumanie et sa jeunesse. Un dernier mot, qui n’est pas un souhait : je tiens une nouvelle fois à remercier les partenaires de Regard pour soutenir l’indépendance éditoriale de son équipe de journalistes. C’est devenu rare, cette indépendance est pourtant indispensable si un média se veut crédible. Merci de votre confiance.
Laurent Couderc
SOMMAIRE REGARD numéro 53
15 décembre 2011 - 15 mars 2012
RENCONTRE
Petre Roman, ancien Premier ministre de la Roumanie
SOCIETE
Le poisson qui valait des millions
Entretien avec le politologue Alfred Bulai
Ce regard sur la femme
A LA UNE
Sur le marché du travail en Roumanie – Quel emploi ?
ECONOMIE
2012, l’imprévisible
Entretien avec l’homme d’affaires Marius Ghenea
Une passion au devenir rentable
CULTURE
Un défilé saisissant
Cartographie de la culture en Roumanie
Hollywood fait l’écran
CHRONIQUES
Isabelle Wesselingh
Nicolas Don
Matei Martin
Luca Niculescu
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